-
(5103) GHOST RIDER : SPIRIT OF VENGEANCE ★

le feu occulte de Mark Neveldine et Brian Taylor avec Nicolas Cage, Violante Placido, Ciaran Hinds, Idris Elba, Johnny Whitworth, Fergus Riordan, Spencer Wilding, Vincent Regan et Christophe Lambert. Scénario: Scott M. Gimple, Seth Hoffman et David S. Goyer, d’après une histoire de David S. Goyer et le personnage créé par Roy Thomas, Gary Friedrich et Mike Ploog pour Marvel Comics. Musique: David Sardy. Montage: Brian Berdan. Photo: Brandon Trost. Durée: 1h35 - 2011 - 27/5/12 - USA / Émirats Arabes Unis - TF: “Ghost Rider 2 : l’Esprit de Vengeance”
Quand j’ai lu dans Mad Movies que Nicolas Cage rempilait pour le rôle de Johnny Blaze aka le Ghost Rider, ce fut comme si une jeune femme commençait à me tailler une plume. Pas vraiment en raison de la qualité du premier épisode des aventures du super héros diabolique avec son crâne en feu, dont je ne garde pas le moindre souvenir si ce n’est celui d’un film franchement moyen ce qui semble normal puisque c’est le bien naze Mark Steven Johnson, déjà responsable de l’atroce Daredevil, qui en était aux commandes, mais uniquement parce que tout projet impliquant Nicolas Cage, l’acteur le plus fou à lier actuellement en activité, me fait un effet bœuf, tant il est jouissif de voir le comédien péter un câble au fil d’une filmographie de plus en plus branque.
Quand, dans le même Mad Movies, je découvrîmes que le duo Neveldine/Taylor, les deux tarés psychopathes de la mise en scène hystérique et d’ultra mauvais gout, qui ont commis les formidablement immondes Hypertension 1 & 2 ou le délicieusement infâme Ultimate Game, ce fut comme si la jeune femme avait tout avalé tant la rencontre entre les deux réalisateurs les plus cinglés du moment et l’interprète complètement fusillé du cortex promettait de faire des étincelles à te scotcher au plafond dans un orgasme cinématographique absolument merveilleux, explosion de n’importe quoi décomplexé, vulgaire, crade et honteux, fusion réussie entre deux folies pures, incontrôlables et sans limite.
Et quand enfin, le nom de Christophe Lambert surgit d’entre les lignes de l’article, l’associant au projet, ce fut comme si la jeune femme, tandis que les premières gouttes roulaient contre les parois de sa gorge, avait décidé d’introduire son auriculaire dans mon fondement, tant je fus surpris par cette information inattendue mais incroyablement plaisante puisque la Sainte Trinité semblait réunie, le Dieu Cage sublimé par les Anges Neveldine/Taylor avec la bénédiction du Grand Prêtre Totophe.
Bref, Ghost Rider deuxième du nom, promettait de s’ériger en temple des plaisirs extrêmes, le lieu dans lequel tu pénètres pour y jouir tellement fort que t’en ressort avec deux abricots secs à la place des couilles.

Malheureusement, l’orgasme n’est pas à la hauteur des préliminaires et mes couilles vont bien.
Alors l’avantage, c’est qu’il suffit de pousser les portes pour découvrir que le lieu n’est pas conforme à l’idée qu’on s’en faisait. Neveldine et Taylor n’ont pas été cruels au point de livrer un film qui part hyper fort avant de se dégonfler comme une vieille baudruche. Non, dès les premiers plans, ils donnent le ton: ça va être bien cheapos et bien pourri.
En fait, au début, j’ai cru m’être planté et avoir lancé un téléfilm avec Steven Seagal. Images à la photographie froide et austère tournées en Roumanie, interprétation apocalyptique des rôles secondaires, dialogues indigents et mise en place rapide et paresseuse d’une intrigue intellectuellement limitée (“il faut protéger cet enfant, la prophétie autour de lui doit se réaliser”), l’intro de Ghost Rider 2 est plutôt flippante. Et niveau réalisation, même si les mouvements de caméra hystériques rappellent qu’on a bien à faire au tandem cinglé, c’est pas non plus la grosse épate.
Il faut attendre une poursuite en moto et la chute façon bullet time d’un Idris Elba tout perdu dans ce projet pour commencer à ressentir le début d’un commencement d’intérêt.

D’autant que la chute de la chute, sera une blague visuelle bien poilante que je ne vais pas m’aventurer à raconter car comme tout gag visuel, ben, ça se raconte pas.
Donc entre la boutade et l’arrivée, enfin, de Nicolas Cage, évidemment grimaçant, on se rassure, le spectacle peut être moins pérave que prévu.

Un tout petit peu moins. Parce qu’on reste quand même à un niveau très bas. Nic a beau rouler des yeux, serrer la mâchoire, rictusiser à fond et grommeler des bribes de dialogues rédigés à la hâte, il ne parvient pas à combler une absence totale, cruelle et aberrante de scénario.

Pour résumer: y’a un gosse, c’est le fils du diable. Si Nic le protège, il sera débarrassé du Ghost Rider qui l’habite. Sinon, ben le diable (Ciaran Hinds) sera encore plus balèze qu’il ne l’est. Voilà, ça s’arrête là. Rien de plus. Sauf quelques fioritures improbables.
Comme par exemple le rôle de Nadiya, la maman du gamin qu’est le fils du diable. Alors bon, elle sert strictement à rien, à part regarder Nic avec des yeux un peu apeurés, mais on sait pas trop si c’est le rôle qui veut ça ou si c’est la comédienne Violante Placido qui était un peu effrayée par la folie en Cage.

Et quitte à engager Violante Placido, autant s’en servir intelligemment comme l’avait fait Anton Corbijn dans The American. Si vous ne voyez pas de quoi je parle, petite piqure de rappel:

Mais, et autant régler cette question tout de suite, dans Ghost Rider 2, ni paire de seins ni poils pubiens ne viennent pimenter le spectacle. En fait, y’a même pas une goutte de sang ni de gros mot. Et c’est probablement l’une des principales raisons du ratage. Neveldine et Taylor ont besoin d’être Rated-R pour s’exprimer. Le PG-13 pour eux, c’est un peu comme si on nous emmenait dans une boite à partouze en nous laissant à la porte des backroom. Un peu frustrant.

Alors qu’ils avaient de quoi tomber dans un hardcore déjanté façon Hell Rider, Neveldine et Taylor sont contraints de rester dans une action gentiment violente où les morts se désagrègent proprement, soit carbonisés par le Rider, soit décomposés par Carrigan.

Oui, Carrigan, c’est l’autre méchant du film. Un méchant brun qui meurt comme un couillon et du coup, le diable vient le voir, le réveille, et voilà le brun qui se relève en blonde peroxydée capable de décomposer absolument tout ce qu’il touche.

Ah et le diable, c’est Ciaran Hinds, qui s’est certainement laissé emporté par la sobriété de Nic Cage et se lance donc dans un concours de grimaces extraordinaires, faisant passer les récentes prestations comiques de Robert de Niro pour des exemples de retenue façon direction artistique norvégienne.

Alors je m’égare complètement dans cette chronique qui part dans tous les sens, et il est temps de me rassembler. Pour vous dire quoi?

Et bien qu’on trouve tout de même sur le chemin, de quoi se satisfaire. Quand Nic Cage, filmé en gros plan sur sa moto, lutte pour empêcher le Rider de “sortir” à grands renforts d’expression du visage qu’aucun autre acteur au monde n’oserait tenter de peur du ridicule, le tout sur les riffs énervés d’un mauvais punk de série B, on sent quand même une folle agitation dans le calbut.

Quand le Rider se met aux commandes d’une énorme machine de chantier qui s’enflamme illico pour devenir une arme de destruction massive tandis qu’autour de lui, les méchants dégainent les lances-missiles et les grenades les plus perfectionnées dans une orgie d’explosions diverses et variées et filmées avec une hystérie (désolé, y’a que ce mot pour qualifier l’art du duo) frénétique qui multiplie les plans tourbillonnants, les mouvements de grue gratuits et généreux et les inserts les plus tarés, on bande clairement.

Et quand l’ensemble du casting débarque dans un décor étrange, qui pourrait avoir été laissé par George Lucas après quelques plans tournés pour Star Wars et qu’on voit apparaitre, crâne rasé, tatouage sur l’ensemble du visage et robe de moine, notre Totophe international, on sent qu’il est temps de changer de sous-vêtements.

De grands moments de plaisirs coupables et régressifs mais qui ne durent pas. Totophe disparait cinq minutes après son apparition, et n’a eu le temps que de lâcher une pauvre réplique assez fumeuse autour de la prophétie (ben oui, ils ont que ça à se raconter puisque le film ne parle jamais d’autre chose) et tandis que son personnage (crédité sur Imdb sous le nom de Methodius!!!) semble assez balèze, il se fait dézinguer comme un con dans un combat fauché et mal foutu.
Et les délires visuels barrés et speedés des deux réalisateurs, se font de plus en plus rares, pour laisser s’installer des scènes de dialogues sans le moindre intérêt qui plombent le rythme du film et le rendent, au final, mou du genou, un comble pour le tandem Neveldine/Taylor habituellement capables de tenir un long-métrage sous amphétamines.

Mais là, ni leur excès visuels ni la maladie mentale de Cage ne peuvent lutter contre un scénario aussi pourrissime. Obligés de combler pour atteindre les 95 minutes réglementaires mais sans avoir quoi que ce soit à raconter, tout le monde sombre.

Restent heureusement, en plus des moments suce cités, des scènes qu’on ne verra jamais ailleurs, des aberrations artistiques magnifiques, des choix esthétiques interdits par la justice du cinéma, et un Cage toujours aussi merveilleux dans sa descente aux enfers de la folie, mais pas de quoi hurler en éjaculant. On finit juste un léger sourire aux lèvres mais un peu gênés quand même.

Publié le mai 28, 2012 with 2 notes ()
-
Season 3 - ★★★
et la chronique de la cambrousse:
http://fabzefabseries.tumblr.com/post/23857189306/199-justified-season-3
-
(5102) BAD ASS ✖

barbabus de Craig Moss avec Danny Trejo, Joyful Drake, John Duffy, Charles S. Dutton, Harrison Page, Patrick Fabian, Erik Betts et Ron Perlman. Scénario: Craig Moss et Elliot Tishman. Musique: Todd Haberman. Montage: Jim Flynn. Photo: John Barr. Durée: 1h30 - 2012 - 23/5/12 - USA - TF: “Bad Ass”
La tagline de l’affiche donne le ton. En parodiant le “they fucked with the wrong mexican” du Machete de Rodriguez, les responsables de ce Bad Ass veulent s’amuser avec l’image de Danny Trejo en le grimant en vieux clodo pourri qui va se révéler tout aussi dangereux que sa version cuir et métal qui l’a élevé au rang de superstar des bad ass de séries B.Et effectivement, le voir prendre enfiler un t-shirt bleu portant l’inscription I AM MOTHERFUCKER, un pantacourt improbable, des baskets pécraves et une banane de touriste allemand autour de la taille, le tout sur une musique gangsta rap, avant d’aller “kicker some asses”, c’est amusant.

Oui amusant. Pas fendard ni poilant ni irrésistiblement hilarant. Amusant. Parce qu’au moment où se produit cette scène, le film en est quasiment à sa moitié et on a déjà pigé que la blague serait tellement cheap et sans talent, qu’il sera difficile de se taper sur les cuisses en se roulant par terre tout en se tordant de douleur bikoze les crampes de rire.
Bon, le début n’est pas si nul. Ça commence par une biographie volontairement ridicule du personnage de Trejo, qui, dans des flash back sepia immondes, nous raconte qu’il est parti au Vietnam (à l’aide de stock shots bien évidemment) et qu’à son retour, la société ne voulait plus de lui et même sa gonzesse n’a pas attendu 7 ans et quand il sonne à sa porte, elle a deux chiards dans les bras. Danny, qui dans le film s’appelle Frank Vega, a donc les boules. Enfin, c’est pas vraiment Danny, puisque c’est un jeune comédien qui lui ressemble pas du tout qui incarne Frank Vega jeune.
Bref, Vega se retrouve sur le trottoir à vendre des hot dogs et ça dure des plombes puisque d’un coup, le jeune comédien laisse sa place à Danny Trejo, barbu donc, qui est très malheureux de sa vie minable, du coup, chez lui, il met son costume de militaire et pleure.
Mais voilà t’y pas qu’en prenant le bus, Danny tombe sur deux skinheads qui font chier un vieux pépé.

Alors Danny leur met une raclée et il est filmé par les téléphones portables et se retrouve du coup sur youtube où il devient un héros, surnommé Bad Ass.
Voilà pour l’entrée en matière façon Super de James Gunn sauf que y’a aucune comparaison possible donc je sais même pas pourquoi je mentionne Super à part pour faire le mec qui sait citer des films dans lesquels des mecs se retrouvent sur youtube.
Mais après ça, qu’est ce qui se passe? Et bien pas grand chose. Les gens se moquent de Danny qui entrave que dalle à la nouvelle technologie et sait pas ce qu’est une clé USB ou un compte Facebook mais pire: son meilleur pote se fait buter en allant acheter des clopes et Danny, pas très content, et voyant que la police elle pue du cul (les flics jouent au basket avec un mini ballon et un mini panier dans leur bureau au lieu d’enquêter sur la mort du pote à Danny), il décide de prendre les choses en main et de trouver lui-même le méchant pas beau qui zigouille ses copains.

Alors bon. Y’a des idées hein, c’est pas le problème. Mais tellement mal exploitées! Voir Danny se balader exclusivement en bus par exemple, c’est rigolo. Mais pas plus que ça non plus! Pas de quoi répéter la scène cinq ou six fois alors que ça n’apporte rien. Et lui flanquer une baston avec un géant! Ça c’est chouette! Mais pourquoi zapper ladite bagarre en voyant juste le géant traverser une fenêtre avec Danny plus loin qui balance sa punchline de rigueur?
Bon, vous me direz, quand on voit de quelle façon est filmée et montée la bagarre sur le terrain de basket, avec ralentis hideux et arrêt sur image qui intervient n’importe comment, peut-être valait-il mieux en effet zapper le combat avec le géant.
Et tout est ainsi. Mal foutu, plat, mou du genou, sans rythme, sans la moindre ambition esthétique, visuelle ou narrative. Comme si avoir un Danny Trejo et lui faire casser la gueule aux méchants suffisait à faire un film fun.

Même Rodriguez s’est à moitié planté avec son Machete et il avait un budget autrement plus important que celui là… Non, Danny ne suffit pas à tenir un film et plus Bad Ass avance plus on baille, moins on ricane devant les tentatives de blagues (Danny qui se fait tout beau en gros plan pour un rdv galant avec sa voisine) et plus on s’en branle complet de la fausse intrigue avec politicien corrompu, joué par un Ron Perlman venu cachetonner le temps de deux pauvres scènes sans intérêt.

Côté violence et/ou scènes trash, rien, nada, walou, si ce n’est une main passée dans un broyeur mais c’est achement moins hardcore que n’importe quel épisode des Experts. Et la poursuite en bus, qui se voudrait un peu le clou of the spectacle, fait passer celle de Double Détente (oui, je peux aussi citer des flims avec des poursuites de bus dedans) pour un summum du trucage de la mort, tellement on voit qu’il s’agit de maquettes toutes nazes qui se rentrent dedans avec un bruiteur qui fait POUURCH (c’est pas facile d’écrire un bruit de collision).
Alors jusqu’à un certain point, à cause des quelques légers sourires qu’il nous décroche, je pensais mettre à Bad Ass au moins une ★ parce que tout de même, merde, c’est Danny quoi…

Mais quand je me suis rendu compte que je passais plus de temps à mettre à jour Facebook pour être bien certain qu’aucune hardeuse n’était en train de me demander en ami, j’ai du me rendre à l’évidence, le film m’avait définitivement perdu et ne mérite qu’une triste ✖ parce qu’on peut pas non plus laisser n’importe qui faire n’importe quoi, même si Rémi n’est pas d’accord avec ça.

Pour résumer: inutile.
Publié le mai 24, 2012 with 1 note ()
-

★★
Après être passée par la case prison, Annabel, ne pouvant plus exercer son métier d’infirmière, a trouvé un job dans une boutique spécialisée dans le piercing extrêmes et passe son temps à soigner des verges ou des lèvres vaginales boursouflées par l’intrusion du métal dans les chairs.
C’est pas folichon et Annabel déprime un peu jusqu’à ce qu’elle rencontre M. Jacob, énigmatique quinquagénaire gérant de pompes funèbres, qui va prendre la jeune femme sous son aile.
Pendant que depuis sa cellule, après 40 ans de taule, un septuagénaire décrépi se prépare à sa libération.
Tandis qu’un tueur à gages irradié par l’explosion de Tchernobyl reçoit un tout nouveau contrat…
Avec ce roman écrit en 2002, Thierry Jonquet prend son pied en développant une intrigue en forme de puzzle dont il est strictement impossible de deviner la vision d’ensemble avant qu’elle ne soit révélée. Impossible de savoir à l’avance vers quoi ces histoires apparemment sans liens entre elles nous entrainent. Nous sommes les pions de Jonquet qui nous balade à sa guise dans un polar teinté de fantastique, dont seule la thématique principale est décelable. Ad Vitam Aeternam parle de la Mort et du corps humain appréhendé pour ce qu’il est: un tas de bidoche que l’on peut mutiler, torturer, modifier, customiser et contrôler.
On progresse à l’aveugle, on traverse une soirée orgiaque où, tandis que des corps de bourgeois transpercés de piercings hardcore baisent sauvagement, une séance de branding extrême est décrite comme une torture moyenâgeuse. On fait un tour par Kiev et l’horreur de Tchernobyl et ces corps suppliciés par la radioactivité. On plonge dans l’univers de la thanatopraxie en découvrant les multiples façons d’embaumer et depuis peu, de plastifier les cadavres pour les exposer tels des œuvres d’art. Et chaque étape de ce voyage morbide mais pas malsain ni dérangeant (la Mort est abordée frontalement, comme un élément inévitable de la Vie, à la sauce Six Feet Under) nous dirige vers une énigme dont on attend la résolution avec de plus en plus d’impatience.
Et c’est là que le bât blesse. Si Thierry Jonquet brouille aussi bien les pistes, s’il parvient à ce point à nous empêcher de deviner vers où le livre se dirige, c’est parce que lui-même n’en avait qu’une vague idée!
Alors il expédie sa révélation finale en quatrième vitesse et nous laisse avec un petit goût amer de frustration.
Mais c’est pas très grave. Le plaisir pris au fil de ces 350 pages compense largement la déception du final, loin d’être à la hauteur.
Et le style direct et réaliste de Jonquet, sa faculté à pulvériser les comportements bourgeois et à glisser, ni vu ni connu, une approche politique d’extrême gauche, rendent Ad Vitam Aeternam, plus intéressant que beaucoup de polars sans âmes ni personnalité.
Publié le mai 21, 2012 with 2 notes ()
-
Robin Gibb
1949 - 2012
Publié le mai 21, 2012 with 1 note ()
-

★★
8ème tome des aventures des Marvel Zombies, série toujours aussi foutraque, déconnante, ultra gore et WTF lancée par Robert Walking Dead Kirkman.
Comme d’habitude, le seul mot d’ordre donné aux auteurs est de trouver des solutions, même les plus improbables, pour lâcher une horde de super héros zombies affamés de chair fraiche sur des humains dépassés ou d’autres super héros qui finissent invariablement en kebab.
Cette fois, on suit une équipe de soldats d’élite censée intervenir au cœur du Centre de Recherche Pegasus où a été vu pour la dernière fois l’Escadron Suprême envoyé d’une autre dimension pour endiguer l’épidémie zombie (oui, si vous n’avez pas lu les autres épisodes, ce résumé peut paraitre un peu cinoque). Pas de bol, les membres de l’Escadron ont été clonés et leurs doubles zombies, boostés à l’énergie zéro et aux rayons zêtas, vont profiter de l’intervention militaire pour tente de s’échapper et transformer le monde en garde manger géant.
C’est donc du grand portnawak, avec en plein milieu une hilarante parodie de Superman version zomblard, des messages écolos et anti-nucléaire un peu partout, des tonnes de tripes, de viscères et de corps déchiquetés desquels jaillissent des hectolitres de sang, une meute de super héros dont je ne connais pas un dixième et vers la fin, la biographie du Valet de Cœur, avenger doté d’une meta-énergie capable d’enrayer le processus de zombification!
C’est pour rire et on se marre, bien que la blague commence à tourner un peu en rond et la fin, ouverte as always, ne laisse toujours pas entrevoir le début du commencement d’une fin, mais tant pis, ça se lit comme un bon popcorn trash et exutoire qui salope avec l’énergie façon Sales Blagues de l’Écho le mythe des super-héros.
Ne le faites pas lire au moins de quinze ans, ce serait dommage qu’ils aient sous les yeux l’image des héros Marvel en train de boulotter les boyaux de ceux qu’ils sont supposés protéger…
-
(5101) THE WOMAN IN BLACK ★★

les reliques de la mort de James Watkins avec Daniel Radcliffe, Ciaran Hinds, Janet McTeer, Liz White, Shaun Dooley, Roger Allam, Alisa Khazanova et Aoife Doherty. Scénario: Jane Goldman, d’après le roman de Susan Hill. Musique: Marco Beltrami. Montage: Jon Harris. Photo: Tim Maurice-Jones. Durée: 1h35 - 2012 - 19/5/12 - Grande-Bretagne/Canada/Suède - TF: “La Dame en Noir”
- ATTENTION SPOILERS -
Du revival de la Hammer (seulement 4 films pour l’instant) je n’avais vu que le daubesque La Locataire où le seul lien avec les mythiques productions horrifiques british se faisait via la présence de Christopher Lee en vieux pépé inutile et écopant de trois minutes de présence.
Pas assez pour croire en ce retour en force de la Hammer. On pouvait même craindre le pire, comme voir se reformer les Floyd ou assister à un concert des Stones aujourd’hui: tentatives pathétiques de raviver une flamme éteinte depuis bien trop longtemps.
C’était sans compter sur La Dame en Noir, confiée à James Eden Lake Watkins et qui renoue dès les premières images avec l’épouvante gothique qui fit le succès des studios Hammer tout en modernisant la recette grâce à des ingrédients empruntés aux ghosts stories espagnoles.

Ça commence donc par une séquence bien morbide durant laquelle trois gamines en train de jouer à la poupée, se lèvent comme dans un songe et se dirigent vers la fenêtre qu’elles ouvrent avant de sauter.

Les cris atroces et hors champs des parents concluent cette entrée en matière glaçante et qui donne le ton: on est pas là pour rigoler. Watkins prend sa mission très au sérieux, il veut faire peur, il doit faire peur, alors il va faire peur.

Et à ce niveau là, mission totalement accomplie. Ça faisait longtemps que j’avais pas senti mon sang se glacer à ce point, au moins depuis la découverte du jeu Silent Hill 2.

Fait dire que Watkins a mis le paquet pour nous plonger dans l’ambiance et nous préparer afin de nous faire bondir quand bon lui semblera. D’abord par le décor, celui d’un village isolé de l’Angleterre victorienne, étouffé par un ciel d’un gris funèbre, peuplé de villageois aux visages hostiles et d’enfants livides qui apparaissent furtivement derrière les fenêtres de leur chambre.
Un lieu propice aux croyances les plus hystériques en les superstitions les plus macabres, comme celle de la Dame en Noir, spectre qui apparait autour d’une lugubre demeure régulièrement isolée du reste du monde quand la marée monte. Ce qui visuellement, donne un décor absolument sublime.

Ça tombe mal, voilà qu’un jeune avocat de Londres, Arthur, déboule pour régler la vente de cette terrifiante baraque ce qui met les villageois très en colère car ils craignent que la présence de l’homme de loi, ne réveille la Dame en Noir qui a la fâcheuse manie de tuer un enfant chaque fois qu’elle est vue.

C’est donc follement rigolo comme histoire, d’autant plus qu’Arthur (joué par un Radcliffe qui fait oublier en quelques secondes dix ans d’Harry Potter) a perdu sa femme 4 ans auparavant, morte alors qu’elle donnait vie à leur petit garçon, et depuis, il vit avec le spectre de son épouse qui le hante et l’empêche de faire son deuil.

L’ambiance est donc bien plombée en une dizaine de minutes d’exposition, et quand Arthur se rend pour la première fois dans le manoir qu’on va très vite deviner hanté, Watkins se lâche façon Petit Gothique Illustré et se fait plaisir à grands renforts de toiles d’araignées, de corbeaux qui croassent, de corridors lugubres interminables, de bougies aux flammes vacillantes, de brume épaisse qui entoure le domaine, d’escalier qui craquent, de poupées qui font peur et de boites à musique qui se déclenchent seules, bref il nous passe la crème à faire peur sur tout le corps, et nous voilà à sa merci, immergés dans son univers horrifique, parfaitement mis en scène avec de beaux travellings bien flippants qui explorent les recoins les plus obscurs du manoir desquels on craint de voir surgir des trucs qu’on a pas du tout envie de voir, donc voilà, on est à point, Watkins peut nous cueillir quand il veut, aidé par l’interprétation de Radcliffe dont le visage triste et les grands yeux bleus illustrent bien l’état d’esprit dans lequel se trouve son personnage.

Et ça monte crescendo. Des apparitions d’abord furtives mais qui tétanisent. Des cris qui percent la purée de pois mais dont on ne trouve pas les auteurs, une petite fille qui meurt dans les bras d’Arthur, la bouche ensanglantée, une mère possédée par l’esprit de son jeune fils mort, ça déconne pas, c’est d’une tristesse infinie (forcément, avec une histoire qui tourne autour d’enfants morts) et sans le moindre dérapage complaisant dans le gore ni un abus de jump scare (il y en a mais raisonnablement) Watkins se montre extrêmement efficace dans le registre de la peur qui prend au bide.

Et après un choix assez varié d’amuses-gueule, le metteur en scène nous offre le plat de résistance en forme de fin de deuxième acte, 20 minutes de pure terreur en continue lors de la nuit que passe Arthur seul dans la maison.

20 minutes démentes mais quasi insoutenables tellement ça ne redescend jamais avec des idées jouissivement infâmes (le reflet dans la vitre! putain de nom de dieu de bordel de merde ce que ça fait peur!)

des effets réussis (le truc qui sort des draps), une réalisation diabolique qui rend l’ensemble des pièces de la maison susceptibles de receler les abominations les plus intolérables et des trucs censés être usés jusqu’à la moelle (la porte fermée à clé qui d’un coup se retrouve ouverte et toi, tu veux pas que le héros y aille, tu veux pas voir ce qu’il y a dedans, tu veux pas, tu veux juste changer de chaine et tomber sur Patrick Sébastien avec ses invités à la con et ses danseuses avec des plumes dans le cul et les seins à l’air) Watkins parvient à les faire revivre dans toute leur splendeur et réussit haut la main le pari de réaliser en 2012 un film de fantômes old school absolument effrayant et d’une beauté picturale remarquable.

Alors évidemment, après ce tour de force apocalyptique, le dernier tiers du film se montre le plus faiblard et notamment à cause du scénario qui ne tient pas toutes ses promesses et se contente du strict minimum pour conclure son intrigue avec ce sempiternel besoin “d’apaiser l’esprit du fantôme cruel” qu’on aurait bien voulu éviter.

Mais c’est la seule faiblesse de ce film qui nous offre en bonus un “happy end” à la fois ironique et désespérément triste.
Bon, et peut-être aussi la musique de Beltrami qui, à l’inverse de la mise en scène, en fait des tonnes dans le registre tragédie funèbre grandiloquente.
Ça ne gâche pas, loin de là, le plaisir masochiste qu’on prend à la vision de La Dame en Noir, et qui perdure bien après le générique de fin puisque se lever en pleine nuit pour aller pisser, devient presque insurmontable, il faut tout allumer, vérifier derrière les portes que rien d’ignoble ne s’y cache puis foncer sous la couette et la rabattre sur la tête pour être bien certain qu’aucune main en décomposition ne viendra nous caresser les cheveux.
Bref, on retombe en enfance, à l’âge des histoires qui font peur autour du feu de camp, et c’est une sensation qui demande pas mal de talent pour être ressentie devant un long métrage.

-
(5100) JOURNEY 2 : THE MYSTERIOUS ISLAND ★

Verne l’infini et au-delà de Brad Peyton avec Dwayne Johnson, Josh Hutcherson, Michael Caine, Vanessa Hudgens, Luis Guzman, Kristin Davis et Anna Colwell. Scénario: Brian Gunn, Mark Gunn et Richard Outten, d’après le roman de Jules Verne. Musique: Andrew Lockington. Montage: David Rennie. Photo: David Tattersall. Durée: 1h34 - 2012 - 18/5/12 - USA - TF: “Voyage au Centre de la Terre 2: L’île mystérieuse”
Regarder un film quand on est beurré au champagne et au vin blanc, c’est prendre le risque de passer complètement à côté dudit film en ayant du mal à en comprendre l’intrigue, les enjeux, les dialogues ou même certains mouvements de caméra. On passe alors 90mn à cligner des yeux pour ne plus y voir flou et à se concentrer au point de s’en faire cramer les circuits pour tenter de suivre ce qui se passe à l’écran.
C’est pourquoi il est absolument nécessaire, voir carrément indispensable, d’avoir toujours sous la main des longs-métrages tels que Voyage au Centre de la Terre 2 : L’île mystérieuse, conçus pour s’adresser aux enfants de moins de 4 ans ainsi qu’aux adultes pochtrons à la bave aux lèvres.
Tout est pensé et élaboré pour permettre aux esprits les moins développés de ne rien rater du spectacle.

Le scénario se résume ainsi: un gamin rebelle qui ne s’entend pas avec son tuteur va découvrir une île mystérieuse sur laquelle vit son grand-père mais l’ile va couler et le gamin s’entendra bien avec son tuteur.

Oh bien sûr il y a des circonvolutions narratives (une expression que je n’aurais pas pu employer hier si j’avais écrit cette chronique encore torché) avec des aventures dedans et des détails que j’ai omis d’aborder dans ce résumé plus que simpliste mais pas tant que ça non plus. L’essentiel de l’histoire est là.
Bon y’a quand même un gonzesse avec des jolis gros seins qui va titiller les hormones du gamin rebelle et offrir une scène de cul absolument bandante lorsqu’elle lui dépose délicatement un chaste baiser sur la bouche, mais rassurez-vous: si vous aussi, vous avez une bouteille de pif dans la main, vous comprendrez tout des rebondissements de cette relation adolescente, on n’est pas dans un film d’auteur français.

Donc niveau scénar, pas de pébé, on capte tout très bien, et niveau visuel, même pas besoin de froncer les sourcils pour arrêter d’y voir flou: entre un décor en carton pâte avec plein de couleurs flash et des bestioles géantes (sur l’île mystérieuse, les petits sont grands et les grands petits, donc y’a des fourmis géantes et de biens mignons éléphants minuscules), même à 3 grammes, aucun détail de type esthétique ne nous échappe.

C’est du very easy viewing, avec tout plein d’effets spéciaux uniquement dédiés à la 3D (on se prend régulièrement des trucs dans la tronche, mais forcément, sur un écran de télé, ça rend pas pareil…) et des aventures qui s’enchainent de la même façon d’un jeux vidéo de plate-forme, avec toutes les 8mn une nouvelle étape à franchir avec pièges à éviter, bestioles à combattre et grotte de sécurité à atteindre.

C’est ludique, divertissant mais jamais spectaculaire ni prenant, faut pas déconner avec les émotions fortes, ça pourrait faire dessouler.

Alors bien sûr, voir ce genre de film totalement sobre et sans enfant à côté pour pousser des cris hystériques, c’est un peu rude. En général.
Mais dans le cas de ce Voyage au Centre de la Terre 2: L’île mystérieuse,
deux noms permettent d’éprouver un léger plaisir coupable à suivre ces aventures sans relief malgré la 3D: Dwayne Johnson et Luis Guzman.
Le premier, moins figé que dans les autres prod pour gamins dans lesquelles il s’est fourvoyé, s’amuse visiblement beaucoup avec sa propre image, balance des vannes très second degrés, se moque de sa carrure lors d’un cour assez marrant de pecto-pong qui consiste à renvoyer des fruits qu’on lui balance à coups de pectoraux et livre une parodie marrante de What a Wonderful World à la guitare dans une interprétation qui révèle ses racines hawaïennes et tant pis si cette dernière remarque ne veut pas dire grand chose. Je décuve encore.

Le second, totalement décomplexé dans le rôle du sidekick marrant et un peu con, avec sa trogne improbable et son ton de voix inimitable, parvient à déclencher quelques éclats de rire bienvenus, et les grimaces qu’il fait chaque fois qu’il découvre un nouveau truc chelou sur l’île, battent en délire créatif les trucages numériques du film.

Face à ce duo surexcité, Michael Caine a du mal à se faire sa place en Capitaine Igloo excentrique, et on préfère le voir en Harry Brown, quand aux deux ados, ils sont aussi bon l’un que l’autre dans la nullité, sauf que Vanessa Hudgens a un avantage sur son comparse: son cul et ses seins, qui permettent de se montrer indulgent devant l’indigence de son jeu.

Bien évidemment, en raison du taux d’alcoolémie élevé au début du visionnage et qui n’a cessé de grimper durant les 90mn, je ne garde que peu de souvenirs de l’ensemble. Sauf celui de m’être marré avec le Rock et le Luis. Comme une soirée entre potes à dire des conneries sans importance. Sauf que je suis bien content de n’avoir reçu aucune claque dans le dos de la part du Dwayne. Ses bras sont bien plus gigantesques que la plus gigantesques des bestioles gigantesques du film.

-
Aujourd'hui, Julie ne m'a toujours pas écrit.
-
Donna Summer
1948 - 2012
Publié le mai 17, 2012 with 1 note ()
-
(5099) HELL ★★

eternal sunshine de Tim Fehlbaum avec Hannah Herzsprung, Lisa Vicari, Lars Eidinger, Stipe Erceg, Angela Winkler, Yoann Blanc et Lilo Baur. Scénario: Tim Fehlbaum, Oliver Kahl et Thomas Woebke. Musique: Lorenz Dangel. Montage: Andreas Menn. Photo: Markus Förderer. Durée: 1h29 - 2011 - 13/5/12 - Allemagne/Suisse - TF: “Hell”
- ATTENTION SPOILERS -
Dans un futur proche, le soleil a tout cramé notre planète. L’eau est devenue une denrée rare et pour survivre, il faut se protéger de la chaleur insupportable et des rayons mortels de l’astre de feu.

Mais ceux qui ont conservé un semblant d’humanité doivent faire face à une menace bien pire que le soleil: d’autres survivants beaucoup moins sympatoches.

Si vous cherchez de la nouveauté, de l’inédit, une vision totalement originale d’un univers post-apocalyptique, vous allez être déçus. Hell se contente de recycler, de citer du déjà vu, déjà fait, et plus particulièrement Mad Max, of course, et La Route de Cormack McCarthy, avant d’opter, dans son dernier tiers, pour un virage qui lorgne du côté de Massacre à la Tronçonneuse.
Mais si vous êtes venus vous offrir une série B efficace, honorable et dotée d’une atmosphère forte, prenante et fascinante, alors restez.
Parce que Hell, venu d’Allemagne et produit entre autres par ce gros bourrin de Roland Emmerich, est une jolie petite réussite de genre qui fonctionne à plein régime du début à la fin.
Le réalisateur Tim Fehlbaum a soigné sa vision d’un monde ravagé par le soleil et offre une image saturée, éclatante, qui illustre bien l’effet dévastateur de l’astre sur la planète désormais desséchée. On y croit, même si les décors sont très peu nombreux, et les costumes évidemment hyper photogéniques des tenues bricolées nécessaires à la survie en milieu si hostile, aident bien à entrer dans l’ambiance end of times du film.

Il y a plein de petites trouvailles qui rendent crédible la description de ce futur qui fait pas très plaisir comme ces cuves de toilettes ou robinets de radiateurs, devenus de potentielles réserves d’eau qu’il faut siphonner dans l’espoir de récupérer quelques précieuses gouttes.

Beau travail également sur les rapports humains, avec d’abord cette petite bande de survivants parmi laquelle celui qui s’impose comme le héros naturel se révèle beaucoup plus ambigu que le nouveau venu d’abord perçu comme un agresseur. Une bonne approche des profondeurs bien sombres et dégueulasses de l’âme humaine sans manichéisme aucun, puisqu’on ne cesse de se demander ce que nous aurions, ou pas, le courage de faire dans une situation identique.

Puis, quand les “héros” tombent sur la famille de “dégénérés”, là encore, rien de caricatural puisque ces gens, qui ont franchit un point de non retour dans leur comportement, ne l’ont fait que pour une seule et unique raison: survivre.

N’empêche, ils n’en restent pas moins d’authentiques croque-mitaines menés par une matrone effrayante à laquelle obéit un fiston qui rappelle furieusement notre bon vieux Leatherface.
Cette dernière partie effraie d’abord un peu tant le côté survival se révèle moins réussi que la partie SF. on craint que le film ne dérape dans le slasher bête et méchant ou pire, dans le torture porn crétin avec l’inévitable figure de la tough chick en petite culotte et débardeur qui affronte seule les cannibales qui aimeraient bien lui faire des misères de type sexuelles avant de la transformer en gigot rôti.

Mais là encore, l’intelligence et la subtilité de Tim Fehlbaum surprennent agréablement. Pas de scène gore, tout se passe en hors champs (mais ça n’en reste pas moins éprouvant) et quand est dévoilée l’espèce de porcherie humaine juste avant une course poursuite finale franchement scotchante, nos craintes se sont enfuies, et le talent du jeune metteur en scène nous laisse tout content d’avoir assisté à un film qui recycle avec brio avec des recettes qu’on pensait éculées. Comme dans va te faire éculé.

Donc tout fonctionne, la musique est excellente et prolonge une ambiance bien lourde, les comédiens sont plutôt très bons (avec peut-être un bémol sur l’actrice qui joue la môman des méchants et en fait des tonnes dans le registre “je suis une vieille dame indigne”) et la mise en scène, sobre mais inspirée, avec beaucoup de plans visuellement très forts, offre une approche à la fois intimiste et réaliste d’une aventure futuriste hardcore et extrêmement bien rythmée puisqu’on ne baille pas une seconde.

Dans ce genre de films, y’a pas beaucoup de bonnes surprises tant est immense le nombre de tâcherons qui se contentent de copier bêtement ce qu’ils ont vu ailleurs.
Ce qu’a vu ailleurs Tim Fehlbaum, il se l’est approprié et parvient, sans renouveler le bousin, à en livrer une version personnelle franchement intéressante, réussie et divertissante.
-
(5098) THE MECHANIC ★★

kill kill bang bang de Simon West avec Jason Statham, Ben Foster, Tony Goldwyn, Donald Sutherland, Jeff Chase, Mini Anden, James Logan, Eddie J. Fernandez et Joshua Bridgewater. Scénario: Richard Wenk et Lewis John Carlino. Musique:Mark Isham. Montage: T.G. Herrington et Todd E. Miller. Photo: Eric Schmidt. Durée: 1h33 - 2011 - 12/5/12 - USA - TF: “Le Flingueur”
Choisir un film dans le train qui me ramène d’Annecy après une soirée qui s’est terminée à 6h30 du matin en compagnie de comédiens césarisés rencontrés sur le plateau du tournage des Revenants, la nouvelle série création originale Canal + réalisée par Fabrice Gobert (oui, j’aime bien me la péter les rares fois où l’occasion se présente!) et avec un poultok Pierre endormi à côté de moi, c’est pas facile. Mon cerveau atomisé avait besoin d’un truc facile à comprendre, pas trop long, et si possible suffisamment péchu pour m’empêcher de rejoindre Pierre dans le dodo comateux.The Mechanic rempli l’ensemble de ces critères et, bonne surprise, s’avère bien meilleur que je le pensais.

C’est l’histoire de Jason Statham, un tueur professionnel hyper balèze, même que quand il élimine un baron de la drogue colombien, il est tellement efficace que personne ne sait qu’il est venu et on croit à l’accident bête et du coup, les employeurs de Jason sont très content, surtout le Donald Sutherland en fauteuil roulant, qui lui dit “vraiment, t’es super bon, mais quand même, tu devrais avoir des copains, parce que c’est pas très sain de vivre tout seul comme un gros moko”.

Oui, pour devenir un tueur aussi balèze que Jason, il faut mener une vie d’ascète, écouter des 33T de musique classique, faire très attention à ne jamais se faire remarquer, avoir pour seul poto un clodo aveugle qui de fait, peut pas trop vous repérer, et se taper uniquement une pute sympatoche comme ça, pas de souci niveau relation amoureuse de type compliquée.

Sauf que voilà, un jour, le big boss de la boite qui emploi Jason, lui demande d’éliminer le Donald en fauteuil roulant pour une raison que nous on se doute que c’est un mensonge mais Jason tombe dans le panneau parce qu’on a beau être le plus balèze des tueurs professionnels balèze, on en reste pas moins neuneu de temps en temps.

Bref, Jason exécute le pauvre Donald en fauteuil roulant même que Donald, pas rancunier, lui file son super flingue adoré en cadeau juste avant de se prendre une bastos fatale.

Et qui fait son apparition après tout ça? Et bien c’est Ben Foster, qui joue le fils de Donald, un jeune gars qui a de sérieux problèmes de comportement (normal, c’est Ben Foster qui l’interprète) et qui veut à tout prix venger la mort du pater sans savoir que c’est le Jason le responsable et comme le Jason a un gros souci de mauvaise conscience, il prend la décision un peu neuneu, d’entrainer Ben Foster pour en faire un autre super tueur de type balèze et professionnel.

Voilà, alors c’est vrai, c’est un peu con comme histoire (entrainer le fils du type qu’on a abattu pour en faire une machine à tuer susceptible de se retourner contre vous une fois que la vérité éclatera, c’est quand même pas très malin) mais j’ai pas choisi de voir The Mechanic pour la finesse de son intrigue.

J’avais envie de voir de bonnes scènes d’action qui dépotent, avec des explosions, des fusillades et des bastons qui font mal, avec des Jason Statham qui font de la mâchoire carrée et de l’économie d’expressions et des Ben Foster qui font du cinglé borderline façon bombe à retardement et chouette cool, j’ai eu tout ça.

Ça dézingue toutes les cinq minutes, on se fout sur la gueule dans des bagarres qui font bien mal (notamment celle qui oppose le Ben Foster à une brute de deux mètres qui voulait lui inspecter le fion), c’est violent à souhait, le sang gicle pas mal, c’est filmé de façon extrêmement efficace, très bien découpé et monté, avec les ralentis inévitables sur les douilles qui s’échappent des diverses armes utilisées, et bien entendu, le Statham qui marche tranquille quand tout pète derrière lui.

Même les dialogues et les moments plus calmes marchent très bien, ce qui est assez rare dans ce genre de produit.

Foster est toujours aussi impressionnant dans le registre “je vais pas très bien dans ma tête” et les plans sur sa tronche de malade qui en prend plein la gueule et en redemande, apporte la crédibilité qu’il faut pour qu’on entre totalement dans cette histoire simpliste qui défouraille dans tous les sens.

Statham est absolument parfait dans un rôle qui lui va bien et qu’il rôde inlassablement de films en films et les méchants que le duo élimine au fur et à mesure sont de magnifiques ordures qui permettent de sourire devant ce qui reste moralement indéfendable, normal quand on sait qu’il s’agit du remake d’un Charles Bronson!

On passe sans problème sur les facilités scénaristiques et les rebondissements prévisibles tant le spectacle fonctionne, c’est de l’easy viewing mais d’une qualité tout à fait honorable, et malgré la fatigue et le foie en bouillie, je me suis ni ennuyé, ni endormi, ce qui relève du pur exploit.

Il y a 20 ans on s’éclatait avec les Schwarzy, Stalonne et autres Seagal, le Statham a su prendre la relève et ce The Mechanic se place immédiatement parmi les meilleurs de sa carrière.

-
Marketing Vert : le grand maquillage
Lien pour voir ou revoir l’excellent reportage de France 2 sur le green washing, ou comment les marques se foutent de notre gueule pour nous faire croire à un respect militant de l’environnement.
On découvre la vérité sur la bouteille 100% écolo de Volvic, sur la “banque verte” qu’est “devenue” le Crédit Agricole ou sur l’énergie “propre” qu’est le nucléaire d’Areva et ses conséquences sur la population d’un village gabonais d’où fut extrait l’uranium.
Documenté, précis, chiffré et gavé d’interviews qui déstabilisent des directeurs de communications incapables d’argumenter quand on leur montre la réalité des chiffres et des mesures.
Et on apprend par la même occasion à quel point WWF est compromise dans son indépendance…
Je n’aime pas beaucoup Elise Lucet, surtout quand elle écoute avec le sourire des vieux racistes rances comme Guerlain, mais là, elle défonce avec une énergie communicative des pro de la com qui en perdent leur latin! Jouissif!
Publié le mai 8, 2012 with 1 note ()
-
★★★★
Bon voilà, y’a des valeurs sûres dans le rock, Manson en est une. Nouvel album impeccable, implacable, qui s’apprécie de plus en plus à chaque écoute.
Toujours sombre mais pas dépressif, violent et beau, d’une énergie folle, porté par sa voix inégalable et reconnaissable entre toutes.
De tout ce que j’écoutais il y a 20 ans, des deftones, Korn et autres RATM, il est le seul à être resté constant dans la qualité de ses albums, dans un registre toujours aussi metal, sans le moindre faux pas, sans la moindre baisse de régime.
Tous les titres de ce nouvel opus sont de véritables réussites.
Pourvu que ça dure comme ça encore 20 piges.
Publié le mai 8, 2012 with 1 note ()




